La crise du logement

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Quelles mesures peut-on envisager ?

Plusieurs phénomènes actuels prennent de l’ampleur en France et expliquent une situation complexe pour l’accès au logement. Le manque d’anticipation des évolutions démographiques et un contexte réglementaire rigide empêchent l’investissement dans les zones tendues. La crise du logement devient un frein à la croissance et à la compétitivité.

Entre 2016 et 2017, l’INSEE a annoncé que la population a augmenté de + 0,4% en France et compte 4 millions de citoyens touché par le « mal-logement ».

Par ailleurs, la taille des ménages vivants dans un même logement diminue et révèle une hausse du besoin d’appartements de plus petite taille. Une demande qui augmente mais aussi qui change de forme avec davantage de célibat, de familles monoparentales et de vieillissement de la population.

La population Française est grandissante et les codes sociaux changent. Nous avons affaire à des populations qui aujourd’hui, exigent, de la qualité de vie, s’affirmant toujours de façon plus forte et définitive.

Malgré la construction de 400 000 logements en 2018, les mégapoles doivent faire face à une demande toujours plus intense et une offre qui peine à y répondre.

Comment les villes peuvent-elles réagir face à cette situation complexe pour l’accès au logement ?

Les populations souhaitent de plus en plus vivre en ville, là où se concentrent les activités et les services.

Or, nous savons que les prix en ville sont devenus inabordables pour une proportion sans cesse croissante de Français.  Il y a véritablement un besoin de construction de nouveaux logements :

Mais où ?
Et à quel prix ?

Sachant que l’urbanisme de demain devra être en adéquation avec la revendication de villes cohérentes, respectueuses de l’environnement, et de vies plus équilibrées. (Tendances qui montent dans toutes les sphères de la société.)

Le logement de demain, sera en mesure de fournir des lieux de vie, de travail et bien sûr d’habitat à la fois utiles, désirables et abordables.

L’Ere du numérique en matière d’innovation en réponse à la crise du logement ?

Les récentes évolutions technologiques ont profondément modifié le rapport des salariés à leurs lieux de vie et de travail, remettant en cause la nécessité de bureaux physiques et de logement fixes. Des nouvelles formes de logements pourraient donc bien apparaitre.

Les acteurs des villes ne cessent d’innover et de proposer de nouvelles réponses :

La densification des villes

Ce phénomène est une réponse naturelle à l’étalement urbain. Cette densité fait vie, mixité, et partage. L’objectif reposant sur le constat que plus les villes sont denses, moins elles sont énergivores par habitant.

C’est un modèle qui rapproche des lieux de travail, de culture et d’échange. Il faut donc aujourd’hui, oser un choc de verticalité  dans lequel nous pourrions réenchanter la vie urbaine grâce à des villages verticaux, résilients au changement climatique et ouverts à la biodiversité. La protection du vivant étant déjà au cœur de nos productions et cela va s’intensifier.

Ainsi au lieu d’un encadrement des loyers qui ne resout pas l’accès au logement, nous pronons un choc de densité, de construction en zone tendue. Bâtiments à énergie positive, échange d’énergie, nouveaux materiaux et continuité numerique.

Ainsi, des appartements-ruches atteignant tout juste les 3m2 ont été récemment imaginés en Espagne par exemple, pour faire face à la spéculation immobilière et à la gentrification.

En comparaison des 1.000 euros mensuel dans le parc locatif actuel, ces alvéoles à seulement 150 euros rendent la ville bien plus accessible pour les étudiants ou les travailleurs précaires.

Une tendance qui se reflète aux Etats-Unis, où les « Tiny house » ont la côte auprès des « millénials », poussés par l’envie de rester près des centres urbains denses.

Le modèle de la colocation

Pour garder une certaine qualité de vie et bénéficier d’un grand logement, certains préfèrent opter pour le modèle de la colocation. Des offres diverses s’amplifient, il existe de nouvelles plateformes qui proposent de louer une chambre dans un espace communautaire.

À la manière du « co-working », ce sont des espaces qui font la promotion de la vie de groupe et du partage des espaces communs appelés « co-living » dans une société de plus en plus individualisée. Les occupants disposent de grands espaces partagés (salon, cuisine, terrasse, salle de sport…) et les parties privatives sont réduites à l’essentiel.

En France, le « HackerHouse » propose une colocation pour les entrepreneurs qui a l’avantage d’optimiser et rentabiliser lieu de travail et lieu de vie.

La tendance est donc à un rétrécissement de l’espace privé et à une vie collective renforcée permettant une ville plus dense et plus abordable.

Le système est dépassé par l’évolution des modes de vie ; l’habitat devient modulable

Une contradiction fait s’affronter d’une part le développement d’une offre de logements collectifs, et d’autre part, la diminution de la sphère privée avec l’épanouissement personnel et l’individualisation des modes de vie.

L’une des raisons de cette demande pour de nouvelles formes d’habitat est d’abord démographique : L’espérance de vie de la population augmente et le temps de la retraite aussi, ce qui contribue à une occupation plus longue dans le temps des logements et à un lent renouvellement de l’offre du parc immobilier. De même, la longévité de la vie entraîne une diversification des étapes de vie diversifiant ainsi la demande. Par exemple, entre l’enfance et l’âge adulte, la jeunesse peine parfois à se loger en raison de difficultés financières et l’instabilité de leurs relations et de leur travail.

Les formes de cohabitation se diversifient sous l’effet de l’importance accordée à l’épanouissement personnel (famille monoparentale ou recomposée, célibat, cohabitation avec ses pairs) et ne se concentrent plus sur le modèle traditionnel familial. Toutefois, depuis la seconde guerre mondiale, c’est ce modèle traditionnel qui a été pris en compte dans la construction de logements.

Aujourd’hui, celle-ci doit donc appréhender une forte progression en demandes nouvelles que les logements existants ne peuvent pas encore offrir.

Une réponse pourrait être l’habitat modulable qui grandit ou diminue en fonction de la demande ou des évènements de la vie qui bouscule un ménage. Des projets de logements ajustable ont déjà été proposés, grâce à leurs cloisons, le logement peut s’adapter à une famille qui s’agrandit ou se réduit.

Le concept s’adresse plutôt à des ménages ayant des moyens. Toutefois, c’est une idée dont s’inspire de plus en plus de promoteurs immobiliers ou bailleurs sociaux pour mettre à jour l’agencement de leurs logements et actualiser leur offre.

Ainsi, s’adapter aux besoin des habitants, leur permettre de s’exprimer en temps réel, capter puis trier les données est essentiel pour améliorer la conception et la gestion immobilière.

Les « millénials » n’achètent plus de produits standardisés sans les customiser, on devrait faire de même concernant le logement et se tourner avant tout vers les besoins des consommateurs pour rester dans la course !!

Nous sommes convaincu que ces nouvelles approches, peuvent, aussi, constituer le vecteur d’une nouvelle croissance, vertueuse et d’un projet de société porteur du passage d’une économie de la propriété à une économie d’usage.